Notre lecture
Les nouvelles capacités de production accroissent l’offre, mais elles ne garantissent ni l’entretien des réseaux ni l’encaissement des factures. La lecture du service doit rapprocher production disponible, énergie effectivement distribuée et trésorerie permettant de maintenir les équipements. Des comptes récents sont nécessaires pour mesurer les progrès depuis 2024.
FAITS ÉTABLIS
La Revue des finances publiques 2026 de la Banque mondiale met en évidence les difficultés financières de la Société d'énergie et d'eau du Gabon (SEEG).
Les données rapportées pour 2024 font apparaître :
Perte nette annuelle — 42,9 milliards FCFA
Pertes cumulées — Plus de 127 milliards FCFA
Capitaux propres — −90,7 milliards FCFA
Pertes techniques d'électricité — Près de 30 %
Pertes techniques d'eau — Environ 56 %
Le rapport relève également des difficultés de recouvrement des factures, notamment auprès des administrations et organismes publics.
CONTEXTE ET DÉCLARATIONS
Le secteur de l'eau et de l'électricité fait l'objet de plusieurs décisions gouvernementales visant à renforcer les capacités de production et à améliorer la distribution.
Le remaniement du 11 octobre a confié le ministère de l'Accès universel à l'Eau et à l'Énergie à Olivier Mouckocko.
Le diagnostic de la Banque mondiale souligne cependant que l'ajout d'équipements ne suffira pas à résoudre les difficultés financières et opérationnelles de l'entreprise.
ANALYSE — POURQUOI C'EST IMPORTANT
Cette information apporte un éclairage essentiel au débat sur les délestages et les pénuries d'eau.
Une entreprise peut augmenter sa capacité de production tout en restant incapable de financer correctement l'entretien de ses installations.
La Banque mondiale décrit une situation d'insolvabilité économique. Cela ne signifie pas qu'une procédure de liquidation judiciaire a été ouverte.
Le redressement suppose notamment une amélioration du recouvrement, une réduction des pertes techniques et un traitement des dettes réciproques entre l'État et la SEEG.
ÉLÉMENTS À VÉRIFIER
Les comptes actualisés de 2025 et 2026, le montant des factures publiques impayées, les décisions de recapitalisation éventuelles et le calendrier de réduction des pertes.
Lien avec l'action publique : renforcement annoncé de la production → difficultés financières documentées → nécessité d'un redressement opérationnel → résultats encore à mesurer.