LES FAITS Le 25 septembre 2026 à Port-Gentil, le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, a reçu une délégation du Fonds monétaire international. Les échanges ont notamment porté sur la situation de l’endettement public et sur la fiabilisation des données de finances publiques.
Cette rencontre intervient après la présentation, le 13 septembre, des résultats de l’audit de la dette et des autres sommes exigibles de l’État. Au 31 décembre 2025, les autorités retiennent un stock consolidé de 9 524,643 milliards FCFA, contre près de 11 700 milliards FCFA initialement recensés.
L’écart atteint donc environ 2 175,4 milliards FCFA. Il ne correspond pas à un remboursement de dette. Selon les informations communiquées à l’issue de l’audit, cette différence résulte notamment d’opérations de vérification, de correction, de consolidation et de reclassement.
2 175 MILLIARDS FCFA D’ÉCART : QU’EST-CE QUI A RÉELLEMENT CHANGÉ
C’est le premier point à clarifier. La baisse du stock recensé ne signifie pas que l’État a trouvé 2 175 milliards FCFA ni qu’il a remboursé cette somme. Elle traduit une modification de la photographie comptable obtenue après l’audit.
Pour apprécier précisément cette révision, une information reste déterminante : la ventilation détaillée des 2 175,4 milliards FCFA d’écart. Quels montants ont été corrigés ? Quels engagements ont été reclassés ? Quels doublons ou données ont été consolidés ? Et selon quelle méthodologie ?
Sans cette ventilation, le chiffre de 9 524,643 milliards FCFA constitue une nouvelle référence issue de l’audit, mais il ne permet pas encore au lecteur de reconstituer entièrement le passage entre les deux évaluations.
68,91 % DU PIB : CE QUE LE RATIO SIGNIFIE
Rapporté à un PIB nominal 2025 rebasé à 13 822 milliards FCFA, le stock de 9 524,643 milliards correspond à 68,91 % du PIB.
Ce ratio place arithmétiquement le niveau obtenu légèrement sous le seuil communautaire de 70 % retenu dans le cadre de la surveillance multilatérale de la CEMAC. Mais franchir ou rester sous un seuil ne suffit pas, à lui seul, à mesurer la soutenabilité d’une dette.
Il faut également regarder sa structure, son coût, ses échéances, les capacités de remboursement de l’État et les nouveaux financements envisagés.
POURQUOI LE FMI RESTE DANS L’ÉQUATION
Les échanges avec le FMI donnent désormais une importance particulière à la qualité des données utilisées. Avant d’évaluer une trajectoire budgétaire ou d’envisager un éventuel programme, il faut disposer d’une photographie suffisamment robuste des engagements publics.
L’enjeu n’est donc plus seulement de connaître un chiffre. Il est de savoir ce qu’il contient, comment il a été calculé et si les différentes parties travaillent sur un périmètre statistique comparable.
C’est d’autant plus important que le Gabon prépare son budget 2027 et envisage de nouveaux financements.
CE QU’IL FAUT MAINTENANT SURVEILLER
BRIEF QUOTIDIEN suivra particulièrement la publication éventuelle de la méthodologie complète de l’audit, la ventilation des 2 175,4 milliards FCFA d’écart, le périmètre exact des passifs retenus, l’évolution du ratio dette/PIB ainsi que les prochaines communications du FMI et des autorités gabonaises.
À RETENIR
9 524,643 milliards FCFA est le stock consolidé retenu à l’issue de l’audit national. L’écart d’environ 2 175,4 milliards FCFA avec le montant initialement recensé ne correspond pas à un remboursement. La prochaine étape consiste à documenter précisément cette révision et à consolider une base statistique suffisamment fiable pour l’analyse de la dette.
